Quand on veut vivre de son art, on cherche à gagner en visibilité et à montrer son travail. Très vite, la question se pose : où exposer des œuvres ?  Les possibilités sont diverses et nombreuses. Pour vendre, vous devrez cibler le lieu adéquat, en fonction de votre notoriété notamment, pour trouver un public d’acheteurs susceptibles d’acquérir vos œuvres.

1. Collectivités locales et services publics

Un certain nombre de collectivités locales (communes, communautés de communes, départements), disposent de galeries, espaces ou vitrines leur permettant d’animer la vie culturelle locale. Vous pouvez donc contacter les services culturels afin de savoir quelle est l’offre locale, si les espaces sont mis à disposition à titre gracieux ou onéreux.

Ensuite, certains services publics en lien plus ou moins étroit avec l’éducation et l’art disposent d’espaces. C’est le cas du CROUS de Paris, qui dispose d’une galerie de 160 m² accueillant une vingtaine d’expositions par an. Pour y exposer, il vous faudra toutefois répondre aux conditions requises. Vous devrez déposer votre dossier lors des périodes d’appels à candidatures.

Dans la plupart des cas, il vous reviendra d’organiser vous-mêmes l’exposition. C’est à dire qu’il vous faudra gérer la scénographie, la régie et la communication.

2. Commerces et entreprises

De même, certaines entreprises, publiques comme privées, disposent d’espaces dédiés à l’art. Il faut alors contacter leurs services communication. Toutefois, il est bon de se déplacer afin de considérer l’emplacement d’exposition. La RATP dispose par exemple de vitrines qu’elle réserve aux jeunes artistes, notamment sur la ligne 14.

Certaines entreprises mettent à disposition leurs espaces extérieurs ou leurs halls d’entrée. Les entreprises engagées dans le mécénat artistique accueilleront plus favorablement vos demandes.

Exposer dans des commerces est toujours possible, souvent sans frais. L’avantage pour vous est d’être vu et pour le commerçant d’animer son espace. Toutefois, tous les commerces ne sont pas forcément appropriés. Comme pour les vitrines de la ligne 14 du métro parisien, il faut veiller à l’adéquation entre vos œuvres et l’espace. En effet, si votre travail demande que l’on s’y arrête, il y a peu de chances que vos ayez beaucoup de retours. Tout d’abord le public ne vient pas dans ces lieux pour voir de l’art, les couloirs du métro ou certains commerces comme la restauration rapide ne sont que des lieux de passage dans lesquels on s’arrête rarement.

Les agences bancaires ou d’assurance ainsi que les halls d’accueil de lieux publics sont des endroits à délaisser. Ce sont aussi des lieux de passage. Ensuite le public n’a pas l’esprit disponible pour se confronter à une œuvre d’art dans de tels lieux, surtout s’il n’y vient pas de son plein gré, car il sera en situation de stress ou focalisé sur ce qui l’amène.

Il faut donc privilégier les espaces où le public s’arrête, est statique, voire attend, car il aura plus de temps, l’esprit plus libre et sera plus réceptif s’il est interpellé par votre travail. Les plus appropriés seront les restaurants, salons de thé, hôtels ou même les gares. En effet, la SNCF a mis en place un programme de démocratisation de l’art et d’animation de ses gares au travers d’expositions, parfois même interactives.

Dans ce type de lieu, vous accueillant souvent gratuitement, seul l’espace vous sera fourni, éventuellement les éclairages s’il est équipé pour recevoir des expositions. La scénographie, la régie et la communication seront à votre charge.

3. Associations et collectifs d’artistes

Les associations organisent souvent des expositions. Cela vous offre l’occasion de vous confronter à l’organisation de l’une ou plusieurs d’entre elles dans un cadre sécurisant car les tâches sont partagées. Ainsi vous ne porterez pas seul(e) la pression liée à la préparation de ce type d’événement. Enfin, cela vous permet aussi de bénéficier des infrastructures dont elles disposent, de leur public mobilisé par une communication plus ou moins rodée.

Les collectifs permettent une émulation entre leurs membres et créent une intelligence collective. Outre les motifs économiques, politiques ou pratiques, les collectifs se constituent aussi pour mutualiser leurs moyens et compétences pour organiser des expositions. Les bénéfices sont similaires à ceux procurés par les associations.

4. Marchés, salons et foires

Pour les économistes, un marché est un lieu de rencontre entre l’offre et la demande. Mais, comme dans tous les secteurs il existe différents marchés. Il n’y en a pas de plus intéressant ou meilleur qu’un autre. Tout dépend de votre travail et du public que vous souhaitez toucher. C’est pour cela qu’il est important de communiquer sur votre production. Cela vous permet de situer le public intéressé par vos œuvres, mais aussi de mesurer l’écart potentiel avec celui que vous visez.

Les marchés d’art sont aujourd’hui très nombreux. Certains ont une forte visibilité, d’autres moins. Les plus médiatisés ne sont pas nécessairement ceux qui vous conviennent le mieux, même s’il est légitime de vouloir y accéder. Quoiqu’il en soit, tout artiste débutant aura intérêt à participer à des événements de cet ordre afin d’affronter le regard de spectateurs, recueillir leurs impressions, partager sur sa démarche. De plus, même restreinte, la médiatisation de ces manifestations est toujours bénéfique car les organisateurs ont tous des sites web et ils éditent des catalogues. Ce sont autant d’occasions de faire circuler votre nom et des images de vos œuvres.

Marchés d’artistes

De nombreuses communes organisent des marchés à l’instar de ceux de Paris – Bastille ou Paris – Montparnasse ou encore le Quai des artistes à Lyon.

Certains ne sont accessibles que par adhésion à une association organisatrice, d’autres sur paiement à chaque participation, d’autres enfin sont gratuits.

L’avantage de ces marchés est qu’ils sont la plupart du temps accessibles sans sélection. La contrepartie est que des artistes plus ou moins chevronnés, dont le travail est plus ou moins abouti, se côtoient. Avant de vous inscrire dans ce type d’initiative, il est toujours préférable de vous rendre sur ces marchés pour voir quels types d’œuvres y sont exposés. Profitez-en pour échanger avec les artistes exposant afin de sonder leur ressenti sur la fréquentation du lieu et les retours des spectateurs.

Un autre inconvénient de ce type d’événement est qu’ils attirent souvent des curieux, promeneurs qui n’ont pas nécessairement de culture artistique ou d’ambition d’achat. Cependant, l’expérience est toujours enrichissante à vivre, ne serait-ce que pour se confronter à un public hétérogène.

Salons

Au XVIII et XIXème siècles, les salons montraient un éventail de la production artistique du moment. Aujourd’hui, ils sont également des marchés. En dehors du GMAC, la majorité ne sont accessibles que sur sélection par un comité artistique.

Ils sont donc moins facilement accessibles, mais présentent l’avantage d’une plus grande cohésion artistique. Non que les organisateurs définissent une ligne artistique, bien que cela arrive, mais ils fixent un certain niveau d’exigence, ce qui leur confère une bonne réputation, comme la Salon de Montrouge qui, chaque année, permet l’émergence d’un certain nombre d’artistes, sans pourtant bénéficier d’une couverture médiatique aussi importante que la FIAC, par exemple.

Il existe de très nombreux salons prestigieux comme le Salon d’automne créé en 1903 en réaction contre l’académisme ou plus confidentiels comme le Mac 2000 qui accueille peu d’artistes à chaque fois, mais leur offre la possibilité d’un large espace d’exposition.

Foires

Les foires, comme les marchés, se destinent au commerce d’œuvres d’art.

Leurs dimensions les différencient des marchés d’artistes. Elles accueillent généralement plusieurs centaines d’exposants et proposent souvent un panorama de l’art international.

Une autre différence réside dans la possibilité d’accès pour les artistes. En effet, les foires accueillent quasi exclusivement des galeries. Elles sont sélectionnées par un comité artistique et sélectionnent elles aussi les artistes qu’elles vont présenter. Les foires sont donc plus difficiles d’accès pour des artistes débutants. Elles offrent néanmoins presque toujours un espace à l’art dit émergeant.

On classe traditionnellement les foires en trois catégories :

  • les grandes foires traditionnelles, comme la FIAC, Art Basel ou Frieze, qui sont d’envergure internationale, visent plutôt les institutions et les collectionneurs avertis. Ce sont des événements quasi professionnels où l’amateur et le public non averti ne sont pas toujours bienvenus. Le prix de l’entrée est souvent élevé (45 € le billet jour pour la Frieze London 2018).
  • les foires off, comme Art Elysées ou YIA en France ou encore Flecha et Just Mad à Madrid, se déroulent souvent aux mêmes périodes que les foires majeures afin de bénéficier de la dynamique qu’elles créent. Elles sont parfois perçues comme des « salons des refusés » mais sont le plus souvent des manifestations d’avant-garde, parfois pointues ou spécialisées, exposant des artistes dynamiques, jeune génération prospectant de nouveaux modes d’expression ou abordant des sujets moins consensuels que dans les foires « officielles ».
  • les foires dites « accessibles », sont apparues depuis quelques années comme l’Affordable Art Fair qui essaime dans le monde (Singapour, Bruxelles, New-York) ou, en France Art Shopping. L’art étant devenu un marché florissant, il connaît comme tout marché en croissance une segmentation. Ces foires s’adressent aux « petits » collectionneurs privés, aux artistes émergents et aux professionnels hors des circuits mainstream. Abordable ne signifie pas une qualité inférieure de l’offre artistique et il y a toujours de belles découvertes et de belles rencontres.

5. Les biennales

Les biennales ne sont pas des marchés. Elles constituent plutôt des vitrines, un condensé de la création contemporaine. Elles sont en quelque sorte comme les expositions universelles, mais centrées sur l’art. La plus connue, et la plus ancienne puisque créée en 1895, est celle de Venise. Mais elle a aujourd’hui essaimé. Il en existe à Paris, Lyon, La Réunion, Bourges, Florence, Istanbul, São Paulo, Montréal, etc.

Les critères de sélection sont spécifiques à chaque manifestation. Il faut entendre que les artistes retenus bénéficient d’une renommée nationale, si ce n’est internationale.

6. Galeries d’art

C’est évidemment le moyen privilégié pour exposer. Et je suis persuadé qu’à la question « où un artiste peut-il exposer ? », vous répondriez tous, instinctivement « dans une galerie ».

J’ai donc choisi d’en parler après d’autres pistes, afin que vous ayez conscience qu’une galerie n’est pas le seul lieu de monstration possible. C’est même souvent, mais pas systématiquement, après quelques premières expositions que vous retiendrez l’attention d’une galerie.

On perçoit souvent la galerie comme une sorte de temple de l’art. Soit. Mais c’est aussi et avant tout une entreprise. Elle rencontre donc les mêmes problématiques et contraintes. Il ne s’agit pas de déprécier l’aura ou le rôle des galeries qui contribuent toutes à l’essor d’artistes. Néanmoins, il est important de dédramatiser la relation artiste-galerie. Une absence de réponse ou un refus n’est pas une remise en cause de la qualité de votre travail. De plus, ce n’est jamais rédhibitoire.

Avant de démarcher des galeries, vous devez sélectionner celles auxquelles vous devez vous adresser. En effet, je vous déconseille de visiter toutes les galeries en distribuant des CV ou books sans discernement. Souvent les artistes les sur-sollicitent. De plus les galeries sont toujours occupées à préparer une exposition ou une foire… Elles disposent de peu de temps et un démarchage impromptu est rarement bienvenu. Elles vous accueilleront de manière distante ou distraite et vous en repartirez déçu. De même, les foires ou salons ne sont pas des moments propices au démarchage et à la prise de contact. Les galeristes qui ont investi du temps et de l’argent dans l’événement se focaliseront entièrement sur la réussite de celui-ci.

Il est donc important d’être rigoureux dans votre recherche et surtout de préparer ces rencontres importantes.

7. Autres opportunités d’exposer

Centres d’art

Les centres d’art sont souvent des associations, mais peuvent avoir un statut public ou encore appartenir à une fondation. Ils ont pour mission d’exposer le travail d’artistes vivants, d’expérimenter, d’aider à la production d’œuvres. Il en existe une soixantaine en France, regroupés au sein du réseau C.D.A.

FRAC

Les Fonds Régionaux d’Art Contemporain sont des institutions publiques, financées à parité par l’État et les régions. Constitués à partir de 1982, ils sont donc au nombre de 23 en comptant la Martinique et la Réunion et sont regroupés au sein du collectif Platform. Ils ont une mission définie par le Ministère de la Culture (Circulaire n° 2002/006 du 28 février 2002.) :

  • « constitution d’un patrimoine public d’art contemporain dans chaque région. Elle se traduit par l’acquisition d’œuvres d’artistes vivants, représentatives des orientations les plus actuelles de la création tant du point de vue régional, que national et international. »
  • « les collections des FRAC sont destinées à être diffusées et présentées au public pour le sensibiliser aux formes contemporaines de la création ».
  • « La mission pédagogique du FRAC implique la programmation régulière d’actions de sensibilisation et de formation vis à vis des publics, notamment dans le cadre de la coopération avec l’éducation nationale ».

Ventes aux enchères

Les ventes aux enchères ne sont pas vraiment un moyen d’exposer. C’est quand même un moyen de montrer ses œuvres et de les vendre. Les maisons de ventes disposent de sites et éditent des catalogues contenant les photos des œuvres.

Il faut éviter de répondre à des sollicitations par mail. Elles peuvent parfois être douteuses. Et elles ne manqueront pas d’arriver dès que vous aurez un site ou un blog.

Il vaut mieux se rendre dans une salle qui organise régulièrement des ventes d’œuvres d’art. Vous pouvez en trouver sur le site Interenchères qui regroupe un bon nombre de sociétés.

Quelques maisons de ventes, comme Cornette de Saint-Cyr, sont assez actives dans le domaine de l’art contemporain. Cette maison organise même une vente lors du salon de Montrouge.

Il faut savoir qu’une vente aux enchères occasionne des frais : entre 8 % et 9 % pour l’expertise, environ 6 % pour la publicité spécifique et entre 8 % et 9 % de forfait légal.

Certains conseillent de s’adresser à des maisons de ventes de province,moins sollicités que celles situées sur Paris.

Portes ouvertes

Si vous disposez d’un atelier, vous pouvez organiser :

  • des journées portes ouvertes, qui permettront à tous les publics de venir voir votre espace, découvrir vos œuvres, voire acheter ;
  • des visites d’ateliers, que vous pouvez organiser, sur rendez-vous pour des professionnels ou acheteurs potentiels.

Avez-vous déjà exposé vos œuvres dans l’un de ces lieux ? Qu’en avez-vous pensé ? Laissez un commentaire pour partager votre expérience avec nous.

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visuel pinterest où exposer ses oeuvres

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